
Un peu plus d’un an après la fermeture de ST Ericsson à Colombelles, deux entreprises, créées par des salariés, ont vu le jour sur le campus technologique : EdeLabs et BlinkSight.
Reportage
L’une a cinq mois, l’autre souffle sa première bougie. Des cendres normandes de ST Ericsson sont nées deux entreprises travaillant dans l’électronique, créées par des anciens salariés : BlinkSight et EdeLabs. La première emploie cinq personnes ; la seconde, huit. Toutes deux louent des locaux à Innovaparc, sur le campus technologique de Colombelles. Elles sont installées sur un plateau de 400 m 2 de part et d’autre d’un couloir commun.
Claude Porchel, 38 ans, ingénieur, s’est lancé le premier, avec EdeLabs. « J’ai toujours été passionné par l’électronique. Je le reste. Je ne voulais pas m’en arrêter là, après ST Ericsson. »
EdeLabs développe deux activités. D’un côté, « bureau d’études en électronique », c’est-à-dire la « conception de produits sur mesure, avec une expertise en radiofréquence » [transmission sans fil, l’ancienne « coeur de métier » de ST Ericsson Colombelles]. Par exemple pour le secteur médical. Seconde activité, de la « mesure de composants, de systèmes » (métrologie).
« L’objectif de la première année consistait à faire croître le portefeuille clients, tout en nous structurant », décrit Claude Porchel. La jeune société a effectivement « capté » de nouveaux contrats.
« Aventure exceptionnelle »
Ancien délégué CFDT, Claude Porchel a vite trouvé ses marques dans son nouveau rôle. « Ce n’est pas si différent. Dans une entreprise, l’important ce sont les gens. Elle se fait avec eux, en les associant. On n’obtient rien si on génère du mécontentement et de la frustration. » Docteur en électronique, Carine, ex-ST Ericsson et salariée de EdeLabs, rebondit : « Dans une structure est différente, plus petite : on se sent plus impliqué que dans un grand groupe. »
Claude Porchel porte aussi un regard sur le financement de la création d’entreprise. « Il existe vraiment un problème. Il est quasi impossible d’avoir un prêt bancaire. Trouver de l’aide est très difficile ; les dispositifs, un mille-feuille souvent illisible. »
Comme lui, les quatre ingénieurs qui ont créé BlinkSight (ex-SmartTags) ont investi leurs indemnités dans leur société. « Pour débloquer la situation, on s’est lancés. » Eux aussi ont choisi de rester dans la région, où existe « Un savoir-faire, des compétences rares en électronique radio. » Aux manettes : Stéphane et Matthieu Mutz, Alain Vigne (après trois ans à Austin) et Lewis Macdonald, Écossais, Normand de longue date.
BlinkSight développe un système de localisation en temps réel (utilisant des technologies radio). « Un marché émergent. »
Le système permettra de suivre, d’identifier « un grand nombre d’objets, potentiellement des milliers ». Les objets émettent et le bâtiment dans lequel ils se trouvent, également équipé, reçoit les informations et les traite. L’idée, à terme : que ce système soit accessible à de nombreuses entreprises.
BlinkSight a embauché son premier salarié début septembre. Trois autres postes sont en train d’être pourvus, en recherche et développement. Et le volet commercial s’amorce. « On déroule le planning développement comme prévu, le financement aussi. » Parallèlement, BlinkSight souhaite convaincre de nouveaux investisseurs. Nouvelle étape l’an prochain : la conception d’un prototype. « On ne se débrouille pas si mal », constate Matthieu Mutz, qui parle d’une « aventure exceptionnelle ».
Virginie JAMIN.
Source : Ouest France