À peine la moitié des ST Ericsson se reclassent dans l’électronique

Jeudi 22 septembre 2011 // Internet

A sa fermeture en juin 2010, ST Ericsson Colombelles employait 110 salariés, pour la plupart ingénieurs. Une réunion de suivi de leur reclassement s’est tenue ce mois de septembre. « Aujourd’hui 67 personnes sont sorties du congé de reclassement. Avec un emploi, un CDI pour la plupart », détaillent Didier Cadiou et Frédéric Boussemard, délégués du personnel.

Ensuite, 22 salariés suivent une formation longue. Par exemple : infirmier (trois ans), un MBA management (idem), chefs de chantier dans le bâtiment, géomètre, caviste. « De vraies reconversions, avec changement radical de métier. »

Enfin, sur les 21 autres, « un tiers ont des solutions engagées, en bonne voie ». Comme des créations d’entreprises. En revanche, deux tiers « galèrent ». Certains « nous inquiètent un peu », observe Didier Cadiou. « On sent que l’impact personnel n’est pas négligeable, avec des crises d’angoisse la nuit, se terminant parfois aux urgences. »

Au-delà, les deux représentants tirent un enseignement majeur. « Il est essentiel d’avoir un congé long ». Après un an d’une forte mobilisation, les salariés normands de ST Ericsson avaient obtenu des congés de 20 à 30 mois. « On les a arrachés avec les dents. Financièrement, toutes les entreprises ne peuvent pas, mais les grands groupes doivent faire face à leurs responsabilités. »

Didier Cadiou évoque « un cercle vertueux ». D’une part, « l’entreprise, et non le contribuable, paie le reclassement ». D’autre part, « cela permet aux gens d’aborder le virage convenablement, notamment de faire des formations longues. De rebondir si on ne trouve pas de travail après, si on s’est trompé. Avec un congé classique, neuf mois, les gens n’ont pas le droit à l’erreur ».

Ensuite, la « perte de compétences » pour le bassin d’emploi. Un quart des salariés ont quitté la région (sur 95, le licenciement des quinze délégués ayant été refusé par la direction du travail). Et « 51, soit à peine la moitié, sont restés dans l’électronique ou le souhaitent ». Principales entreprises ayant embauché : NXP à Caen, ainsi que le nouveau centre de recherche et développement Renesas à Rennes.

Source : Ouest France